BVA_NUDGE_2018

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Inversion des préférences (Preference reversal) Ce concept fait référence à un changement dans la fréquence relative à laquelle une option est préférée à une autre dans le cadre d’expériences comportementales, comme le révèle l’effet « le moins est le mieux » ou le biais de ratio , par exemple, ou encore les effets de cadrage de façon plus générale. On constate que le classement des préférences entre deux choix dépend souvent de la présentation des choix ; cet effet contredit les prévisions de la théorie du choix rationnel (cf. aussi préférences transitive/intransitive ). Jeu de confiance (Trust game) À l’instar du jeu du dictateur , ce jeu consiste à demander aux participants de partager de l’argent entre eux et quelqu’un d’autre. Il est toutefois demandé au joueur A de déterminer une dotation initiale d’une valeur de zéro ou plus (par ex. 5 $). La somme est alors multipliée (par ex. par trois pour atteindre 15 $) par l’expérimentateur et donnée au joueur B qui doit ensuite rendre un montant de zéro ou plus au joueur A. La théorie des jeux est affaire de réciprocité et de confiance parce que le joueur A doit décider quelle part de la dotation donner au joueur B dans l’espoir de recevoir au moins le même montant en retour. Lors de l’expérience d’origine ( Berg et al., 1995 ), 30 des 32 premiers joueurs ont envoyé de l’argent et 11 de ces 30 décisions ont été suivies d’un remboursement plus élevé que le montant initialement envoyé. Ce résultat va à l’encontre de la prédiction proposée par les hypothèses économiques standards (cf. homo economicus ) selon lesquelles il n’y aurait pas de confiance. Toutefois, comme dans le cas des autres jeux, des critiques ont soulevé des questions sur ce que le jeu de confiance mesure vraiment ( Brülhart et Usunier, 2012 ) (cf. aussi jeu de l’ultimatum ). Jeu de l’ultimatum (Ultimatum game) Le jeu de l’ultimatum est un l’un des premiers exemples qui a permis de dévoiler les failles des hypothèses classiques concernant la rationalité (cf homo economicus ). Dans l’expérience, un joueur (le proposant ou allocataire) se voit remettre une somme d’argent qu’il doit partager entre lui-même et un joueur anonyme (le répondant ou destinataire). Ce dernier peut soit accepter la proposition du premier, soit la décliner, auquel cas aucun des deux joueurs ne recevra quoi que ce soit. Dans une perspective de théorie des jeux traditionnelle, l’allocataire devrait seulement offrir un montant symbolique et le destinataire devrait l’accepter. Les résultats ont toutefois montré que la plupart des allocataires offraient plus qu’un montant symbolique et qu’un grand nombre d’entre eux allaient jusqu’à partager le montant en deux parts égales. Certaines offres ont été refusées par les destinataires, ce qui suggère qu’ils étaient prêts à faire un sacrifice lorsqu’ils sentaient que l’offre était injuste (cf. aussi aversion pour l'inégalité ) ( Guth et al., 1982 ) (cf. aussi jeu du dictateur et jeu de confiance ).

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221 Guide de l'Économie Comportementale - 2018

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