DOCUMENT D’ENREGISTREMENT UNIVERSEL 2021

4 COMMENTAIRES SUR L’EXERCICE Faits majeurs de l’année 2021

Faits majeurs de l’année 2021 4.1

Contexte macroéconomique 4.1.1 Croissance et politiques monétaires 4.1.1.1 L’évolution de l’économie dans les principales zones géographiques a été rythmée tout au long de l’année par des vagues successivesde contamination du COVID-19. L’arrivée des vaccins en début d’année, largement diffusés dans les pays développés, a permis un impact moindre de l’épidémie sur l’activité économique en 2021. La croissance américaine a été très forte dès le début de l’année, soutenue par des mesures sanitaires moins restrictives que dans d’autres régions du monde. Les plans budgétairesTrump puis Biden ont largement soutenu la croissance via la demande intérieure et particulièrement la consommation privée. Les États-Unis ont retrouvé leur niveau de PIB d’avant crise dès le premier trimestre 2021 avec une croissance trimestrielle de l’ordre de 1,5 % d’un trimestre à l’autre (« T/T ») au 1 er semestre. Avec la dissipation des effets des plans de relance et la fin du rattrapage de la consommation privée, le rythme de croissance du PIB a ralenti à 0,6 % T/T au cours du troisième trimestre. Les branches du commerce, de la restauration et des transports, soumises aux plus fortes interactions sociales, restent à près de 4 points sous leur niveau prépandémie. L’industrie ou la construction, conservent également un rattrapage plus lent à cause de pénuries de biens intermédiaires ou de matériaux de construction. Enfin, malgré une croissance soutenue, le marché du travail n’a pas encore retrouvé ses niveaux d’avant crise. En zone euro, la situation sanitaire moins favorable a conduit à des restrictions plus strictes en début d’année 2021. Au premier trimestre, le PIB a ainsi reculé de - 0,2 % T/T, avant un rebond de + 2,2 % au deuxième trimestre et au troisième trimestre 2021. Les principaux pays sont impactés en fonction de la structure de leur valeur ajoutée. L’Allemagne, industrielle, a davantage souffert des pénuries de composants et de semi-conducteurs rencontrées dans l’industrieautomobile(quasi-stagnationde la production industrielle). Les pays davantage tournés vers les services, notamment vers le tourisme comme la France, l’Espagne et l’Italie, ont souffert des restrictions affectant les voyages au sein de l’Europe mais également internationaux, particulièrement depuis les États-Unis et l’Asie. À partir du printemps, le rebond de la demande domestique a permis à la croissance de redémarrer. La consommation privée a progressé en moyenne de 4 % T/T au cours des deuxième et troisième trimestres 2021. Les aides et plans de soutien visant à préserver l’emploi dans les secteurs affectés par les contraintes sanitaires, ont permis de préserver les revenus des ménages. L’investissement a bénéficié d’une situation financière relativement saine et de conditions monétaires et financières souples (politique monétaire très accommodante de la BCE). L’investissement, qui devrait avoir progressé de 3,7 % en moyenne sur l’ensemble de l’année 2021, a aussi bénéficié des premiers versements des fonds européensdans le cadre du programmeNext GenerationEU (relance des projets de développementd’infrastructure,de digitalisationet de transition énergétique).

La contribution du commerce extérieur a été relativement neutre. Les exportations ont progressé légèrement plus vite que les importations, dans un environnement international complexe. Le redémarrage de la demande de biens et le besoin de rattrapage par rapport à 2020 ont été contrebalancéspar diverses pénuries de biens intermédiaires, des goulots d’étranglement, la remontée des prix de l’énergie et des coûts de transports. Après un 1 er semestre 2021 porteur, les échanges internationauxont ainsi marqué le pas au second semestre. Dans le monde émergent, la Chine qui avait culminé à + 18,3 % en glissement annuel au premier trimestre 2021 a ralenti par la suite (+ 5,1 % au troisième trimestre 2021), étant confrontée à des problèmes structurels antérieurs à la pandémie : endettement des entreprises, risque immobilier, vieillissement démographique et transition de modèle économique. De plus, la stratégie dite « zéro COVID » conduit à des confinementsstricts et récurrentsde grandes villes ou régions qui, in fine, désorganisent l’activité. L’Inde de son côté a été durement touchée par le variant Delta, qui a conduit à un ralentissement très fort de la croissance jusqu’au début 2021 (1,6 % au 1 er trimestre 2021). La Russie a également connu un 1 er trimestre très difficile avec un repli du PIB de - 0,4 % en glissement annuel. Après un fort rebond au deuxième trimestre 2021 par effet de rattrapage, le taux de croissance a ralenti progressivementau cours du second semestre 2021. Enfin, le Brésil malgré les difficultés structurelles, politiques et une très forte exposition au COVID-19, devrait relativement bien traverser l’année 2021 en termes de croissance (+ 6,3 % en glissement annuel sur les neuf premiersmois de l’année). Simultanément à la reprise, l’inflation aura enregistré en 2021 des niveaux spectaculaires, les prix à la consommation atteignant des taux de croissance inobservés depuis le milieu des années 80 en Europe comme aux États-Unis. Tout d’abord le prix du baril de Brent a progressé de plus de 60 % en glissement annuel. Le prix du gaz naturel a également enregistré une hausse inédite de 342 % en 2021 affectant aussi les prix de l’électricité. En Asie, les confinements répétés ont amené des fermetures d’usines ou de certains ports chinois puis une pénurie ou mauvaise allocation géographique des containers, pesant ainsi sur les prix des biens intermédiaires et les coûts de transport. De plus, la pénurie de semi-conducteursdans un contexte de demande accrue (de biens manufacturésélectroniques, de véhicules électriques…), conjuguée à des aléas climatiques (sécheresse en Asie induisant des pénuries d’électricité) a fait progresser le prix des intrants. Les pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs et pays sont venues également aggraver les tensions inflationnistes. Enfin, les services, qui ont fait face à un durcissement des règles sanitaires ou à des fermetures administratives, ont parfois reconstitué leur marge. De multiples facteurs ont ainsi alimenté simultanémentl’accélérationtrès forte de l’inflation : + 2,6 % en 2021 en zone euro (+ 0,3 % en 2020), + 6,8 % aux États-Unis (+ 1,2 % en 2020).

238

NATIXIS DOCUMENT D’ENREGISTREMENT UNIVERSEL 2021

Made with FlippingBook - professional solution for displaying marketing and sales documents online